Citations

Discutons de l'oeuvre: Tout sur nos héros, leurs aventures, les références, l'écriture...

Modérateurs : hsdcdb, Aragathis

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AmélieD
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Message par AmélieD » 12 oct. 2008, 12:26

Le concept de pied (association de plusieurs syllabes longues ou brèves) n'existe pas en français (ce qui est logique, puisque nous ne tenons aucun compte de la longueur des syllabes), mais cela n'a pas empêché le mot de "pied" d'être utilisé pour désigner les syllabes composant le vers. À la génération de mes parents ou de mes grands-parents, par exemple, on enseignait que l'alexandrin se composait de douze pieds et je crois qu'il s'agissait là d'une terminologie en cours depuis longtemps.
Saint Antoine de Padoue, faites briller sur moi les lumières de la raison !

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caillou
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Message par caillou » 12 oct. 2008, 12:43

Dans le 'trésor de la langue française', les références de la définition de pied nous apprennent qu'Ayroles n'est pas le premier à faire cette approximation :

P. anal. et abusivement. Chacune des syllabes constituant un vers. L'alexandrin est un vers de douze pieds. L'un des princes de la poésie à douze pieds (VEUILLOT, Odeurs de Paris, 1866, p.123). Un prénom de trois pieds évidemment, pour la bonne cadence, et finissant par une syllabe masculine (ARNOUX, Gentilsh. ceinture, 1928, p.99).


D'ici :
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/f ... art.exe?58}PIED%2C+subst.+masc.}175138}175139}175139}0}5

D'ailleurs, il me semble bien avoir appris la poésie au collège - il y a une quinzaine d'année - à compter en pieds ou en syllabes sans distinction...
Vous fûtes plus héroïque, vous fûtes courageux [Eusebe/Chasseurs de chimères]

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hsdcdb
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Message par hsdcdb » 12 oct. 2008, 14:07

caillou a écrit :Dans le 'trésor de la langue française', les références de la définition de pied nous apprennent qu'Ayroles n'est pas le premier à faire cette approximation :

P. anal. et abusivement. Chacune des syllabes constituant un vers. L'alexandrin est un vers de douze pieds. L'un des princes de la poésie à douze pieds (VEUILLOT, Odeurs de Paris, 1866, p.123). Un prénom de trois pieds évidemment, pour la bonne cadence, et finissant par une syllabe masculine (ARNOUX, Gentilsh. ceinture, 1928, p.99).


D'ici :
http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/f ... art.exe?58}PIED%2C+subst.+masc.}175138}175139}175139}0}5

D'ailleurs, il me semble bien avoir appris la poésie au collège - il y a une quinzaine d'année - à compter en pieds ou en syllabes sans distinction...



Abusivement.

Cela veut dire fautivement.

C'est une erreur que de parler de "pieds". Ceux qui l'ont fait depuis le XVIe siècle, l'ont fait en raison d'une contamination des langues anciennes que sont le latin et le grec qu'ils côtoyaient quotidiennement.

Par la suite, le laisser-aller caractéristique de l'espèce humaine a fait s'installer une équivalence. Les exemples de ce genre ne manquent pas, mais lorsqu'on les relève, l'on se fait taxer de pinailleurs, de maniaque, d'académisme (sic !), de puriste (re-sic !).

En français, comme dans toutes les langues vivantes (le français médiéval mis à part peut-être), deux mots ne sont jamais parfaitement synonymes. Ils peuvent avoir un sens très proche mais ne recouvreront jamais la même réalité. Le pied prosodique existe en allemand, par exemple. Mais pas en français, hormis dans quelques essais stylistiques d'auteurs du XVIe au XXe siècle.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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Laurent Jerry
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Re: Citations

Message par Laurent Jerry » 01 déc. 2009, 17:18

Aïe aïe aïe... (j'arrive longtemps, longtemps après la Bataille dodécadopologique, mais....
hsdcdb a écrit :Pour moi, cela reste LA PLUS GRAVE ERREUR d'Ayroles.
Il n'aurait jamais dû écrire cela, et cela restera une tâche indélébile au revers de cette série.
Comment, comment mon cher HSdCdB, pûtes-vous écrire telle horreur ? Vous qui vous targuâtes d'être affublé des noms de
hsdcdb a écrit :...pinailleurs, de maniaque, d'académisme (sic !), de puriste (re-sic !)
(Ce à quoi, par ailleurs, implorant votre pardon pour cette hypothèse de lèse-macrorhine, j'avouerai adhérer, car en disciple fervent d'Alain Rey, et en bon xyloglotte, j'avoue préférer la richesse d'une langue à sa pureté - Mais brisons là.)
Mais, honorable périgourdin, comment rendîtes-vous possible l'assimilation d'une tache indélébile à une tâche éreintante ?
Je suis sous le choc.
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cyrano213
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Re: Citations

Message par cyrano213 » 22 janv. 2010, 12:08

Le terme de pied a été utilisé jusqu'a une epoque assez tardive, puis abandonné au XXème siecle....il est toutefois encore employé pour commenter les vers anciens, pour conserver l"'esprit" de celui qui les a ecrit. (je remercie mon professeur de litterature pour l'explication). L'emploi du terme "pied" n'est donc pas déplacé dans le fameux vers. Voila, bonne journée a tous !

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Yelti
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Re: Citations

Message par Yelti » 22 janv. 2010, 18:20

Parce que vous pensiez vraiment que cet honneur Hercule avait réussi à le tAcher ? tÂchez de ne plus vous inclinez si vite à une opinion martelée fermement en sonnet ! Non ce qui tache vraiment DCDC ce sont les petites fautes d'orthographes débiles que nous avons déjà relever. Ayrolles donne raison à ma grand-mère qui dit qu'elle n'a jamais pu lire un ouvrage imprimé récemment sans qu'il n'y ait une faute d'orthographe, le vilain !

Et oui une langue doit être riche et non pure, car pureté ne veut rien dire sinon nudité.

Poupi
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Re: Citations

Message par Poupi » 22 janv. 2010, 18:31

les petites fautes d'orthographes débiles que nous avons déjà relever

Comme cette faute d'accord du participe passé, par exemple ? :-P

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Yelti
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Re: Citations

Message par Yelti » 22 janv. 2010, 18:36

Non, elles sont moins pire dans DCDC.

Vous aurer remarquer que j'ai volontairement fais un solécisme dans la première phrase de ce post ;).

Poupi m'a tuer

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Henrik
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Re: Citations

Message par Henrik » 29 oct. 2010, 11:02

Pour en revenir au sujet, j'aimerais que l'on m'explique la tirade d'Armand sur la noblesse. Si mes souvenirs sont bons, il dit:

"...l'Honneur est au singulier, il ne souffre point d'esse"

Et j'avoue ne pas comprendre comment l'honneur pourrait souffrir d'une cheville de fer tortue, faite à peu près en forme d’S, qu’on met au bout de l’essieu d’une voiture, pour empêcher que la roue n’en sorte, d'un crochet auquel sont suspendus les plateaux au fléau d’une balance ou d'un autre crochet, qui sert, lui, à élever les pierres pour la construction d’un édifice.
Ah, but a man's reach should exceed his grasp
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Battologio
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Re: Citations

Message par Battologio » 29 oct. 2010, 11:45

C'est parce que ce crochet sert également à suspendre la viande chez le boucher. Mais se gaver de charcuterie n'est pas une attitude des plus honorables, c'est pourquoi les gentilshommes s'en abstiennent généralement. CQFD.

Blague ridicule à part, on oppose en français "les honneurs" (honneur, donc, orné d'un S - noté "esse" dans la BD par métaphore), c'est-à-dire la gloriole vaine, une brillante carrière, l'admiration de ses pairs recherchée pour elle-même...et l'Honneur, sentiment aigu de sa dignité d'homme (et de gentilhomme), qui se doit d'être sauvegardée au prix de sa vie contre toute honte, lâcheté ou vice. En gros.
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Re: Citations

Message par Henrik » 29 oct. 2010, 12:02

J'avais bien compris le jeu de mots sur la lettre s et le mot "esse". Il aurait pu être génial s'il n'était aussi capilotracté.
Sinon, en citation:

Eusèbe:"Cette chose que mes amis appelaient..."
"...le panache."
Ce "panache" qui me met les larmes aux yeux à chaque fois que je relis Cyrano de Bergerac.
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Re: Citations

Message par Aragathis » 29 oct. 2010, 14:49

Peut-être peut-on rattrapper Ayroles en rappelant que les nobles ne devaient surtout pas pratiquer de métier, hormis l'horticulture, activité jugée très noble ; même leurs investissements étaient limités à la forge et à verrerie. Or, quel métier est plus vil que le boucher qui fait pendouiller à un sinistre croc de fer les sanglantes carcasses au milieu desquelles il se vautre tout le jour, avant de les laminer pour les vendre à de tristes individus qu'on nomme le bas-peuple ?
Ainsi parlait Aragathis.

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Battologio
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Re: Citations

Message par Battologio » 30 oct. 2010, 13:25

La question se pose en effet, et me semble difficile à trancher. Le Littré cependant donne de la métonymie la définition suivante :

Le Littré a écrit :MÉTONYMIE
Terme de rhétorique. Figure par laquelle on met un mot à la place d'un autre dont il fait entendre la signification. En ce sens général la métonymie serait un nom commun à tous les tropes ; mais on la restreint aux usages suivants : 1° la cause pour l'effet ; 2° l'effet pour la cause ; 3° le contenant pour le contenu ; 4° le nom du lieu où une chose se fait pour la chose elle-même ; 5° le signe pour la chose signifiée ; 6° le nom abstrait pour le concret ; 7° les parties du corps regardées comme le siége des sentiments ou des passions, pour ces passions et ces sentiments ; 8° le nom du maître de la maison pour la maison même, 9° l'antécédent pour le conséquent.


Il n'y est point question de prendre en compte la forme, la figure ou la silhouette comme c'est le cas pour notre esse.
De la métaphore il est dit :

Le Littré a écrit :MÉTAPHORE

1°Terme de rhétorique. Dans le sens primitif, qui est celui d'Aristote et de l'étymologie, synonyme de trope ; c'est un terme général.

2°Dans un sens plus restreint, qui est le sens des rhéteurs postérieurs, de Cicéron, de Quintilien et le sens actuel, figure par laquelle la signification naturelle d'un mot est changée en une autre ; comparaison abrégée.


On a affaire de toute évidence à un trope, ce qui tombe sous le coup du sens 1. Et j'incline à penser que le sens 2 s'applique également, le crochet de boucher renvoyant à une autre réalité par un lien imagé tiré de sa forme.

Enfin, je ne sais si ce S-esse vaut tant de concentration. (oui oui, je sors...)
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Re: Citations

Message par Battologio » 30 oct. 2010, 23:55

Ben c'est qu'est-ce qu'y disent. Comparaison abrégée. (et t'as raison, je re-rentre, na)
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Re: Citations

Message par Battologio » 31 oct. 2010, 00:44

En même temps, avec un seul œil, faut le faire.
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