La Dernière

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Aragathis
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Re: La Dernière

Message par Aragathis » 14 mars 2010, 23:03

Le sens reste obscur à mes yeux fatigués de drogué de la lecture.
Ainsi parlait Aragathis.

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Battologio
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Re: La Dernière

Message par Battologio » 06 mai 2010, 21:26

Voyons voyons, ma lâcheté va jusqu'à ne parcourir que d'un oeil rapide tout ce qui a été dit ici, mais je voudrais néanmoins ajouter mon grain de sel a cet éloge funèbre.
On parle d'ignorer la mort, et là je tique. "Ignorer la mort" ! Ne sentez-vous pas combien cet appel suinte de mortalité ? N'entendez-vous pas avec lui sonner le glas ? La mort est là dès que nous prenons conscience d'elle. La mort des autres n'est qu'un incessant rappel de notre propre finitude. L'homme, cet être-à-la-mort, crie Heidegger ! Cette vie empreinte de temporalité, est-elle une vie mourante ou une mort vivante, interrogeait Augustin !
N'y voyez rien de morbide. Il ne s'agit pas ici de savoir s'il faut s'en effrayer ou l'espérer, l'ignorer ou ne penser qu'à elle. Chacun sa psychologie, chacun son attitude. Mais toutes ces attitudes quelles qu'elles soient sont marquées du sceau de la mortalité, je l'affirme. Et c'est peut-être ce qui rend cette vie savoureuse, de savoir qu'elle a une fin. Car si nous nous attachons tant aux plaisirs, si nous avons la force de nous hâter de surmonter les obstacles, si nous nous jetons à corps perdu dans l'existence, c'est que nous savons que chaque minute compte. Le poids de nos actes, c'est le poids de celui qui n'aura pas l'éternité pour se racheter.
"Le savoir, n'est-ce pas, est un bien précieux. Trop précieux pour ne pas être partagé !" (Battologio d'Epanalepse, VII, 14, 5)

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Aragathis
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Re: La Dernière

Message par Aragathis » 07 mai 2010, 00:17

Devient-on intéressant quand on devient prolixe ?
Ainsi parlait Aragathis.

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hsdcdb
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Re: La Dernière

Message par hsdcdb » 18 nov. 2011, 15:09

Captain spammeur ? Pourquoi remonter ce vieux sujet ? S'il est intéressant (et je ne le connaissais pas, j'étais absent à cette époque), il n'est pas vraiment de bon ton de remonter ainsi ce qui a été rangé à la cave...


Sinon, Ara, je suis totalement en accord avec ta position.
Et que faudrait-il faire ? ( II,8 )

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Aragathis
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Re: La Dernière

Message par Aragathis » 18 nov. 2011, 21:23

Ah ouais sacré remontage de sujet tout de même. Mais belle réception. Je ne me souvenais pas de ce topic, d'ailleurs, mais je suis content de constater que je n'ai pas changé d'avis :D .
Ainsi parlait Aragathis.

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Re: La Dernière

Message par personne » 07 sept. 2015, 14:19

Il n'y a rien qui te fasse plus pleur que l'éternité de la conscience ? Réjouis-toi, aux dernières nouvelles nous ne vivons pas sous cette loi-là.

Pour ma part, j'aurais tendance à imaginer que si nous étions éternels (ou inarrêtables, dirait l'autre qui sent pas bien bon), l'angoisse de l'éternité nous saisirait de temps à autre, et la plupart du temps on l'oublierait. On le supporterait aussi bien (ou aussi mal, dans le cas de Yelti ^^) que nous supportons d'être mortels. Mais ce n'est pas notre lot, alors quelle importance ? Pourquoi débattre de la meilleure option (ou du pire) entre l'éternité et la mortalité comme des enfants qui s'amusent avec des dilemmes imaginaires ("tu préfères manger un rat d'égout ou lécher les fesses de la maîtresse ?" enfin vous voyez de quoi je parles.) ?
Nous sommes mortels, et nous devons nous débrouiller avec ça. Pamphléter contre la mort, ce n'est pas réclamer son abolition auprès des autorités compétentes. C'est lui dire que, si nous sommes au fait de sa toute puissance, nous n'accepterons jamais de lui faire des courbettes, de lui dire merci et d'aller à elle en souriant, et que nous l'insulterons aussi longtemps qu'on ne nous arrêtera pas. Enfin, nous... Moi, pour commencer. Ce n'est pas une position partisane, juste un trait de caractère. Préférer comme Albert la révolte à l'"acceptation", toutes les conneries comme ça et autres bouddhismes mal digérés. La révolte qui se sait vaine comme art de vivre. Je me souviens du bonheur d'avoir découvert le poème de Dylan Thomas à son vieux père, qui au lieu de lui dire, avec un fond de moralisme-amoureux-de-la-sainte-humilité, d'accepter la mort, commence ainsi :

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light
...
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Re: La Dernière

Message par personne » 08 sept. 2015, 12:08

Pas faux. Oublie la métaphore animale et vois ça comme insulter un banc dans lequel on s'est pris le doigt de pied.
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Re: La Dernière

Message par personne » 08 sept. 2015, 14:44

Disons que la plupart du temps, nous n'avons pas de rapport avec la mort. La vidange de la voiture, la nature du repas du soir et le papier toilette à racheter sont des préoccupations plus urgentes, et la dernière que tout au long de ma vie j'ai fumé une vague préoccupation secondaire rapidement inconcevable. Parfois on se prend les pieds dedans, et le rapport de priorité s'inverse, et je pousse mes jurons.
Quand la mort ne nous prend pas par surprise, si on essaie d'y penser au calme et au chaud, je pense qu'on a un rapport tout différent à elle, parce que le langage occidental, avec ses présupposés d'existence (je peux développer si vous voulez, je fais référence à des lectures récentes de François Jullien sur le langage indo-européen comme "ontologique"), nous conduit à ne pas nous préoccuper d'elle avec des jeux de langage comme l'aphorisme d'Épicure sur la mort qui n'est pas là quand nous sommes là qui n'est qu'un jeu de mots tautologique qui ne dit rien en ayant l'air de dire tout.
Il faut se prendre les pieds dans la mort pour dépasser la fausse évidence du "l'étant est, le non-étant n'est pas".
Je ne parle pas de "dépasser" comme d'"accéder à une vérité supérieur", seulement comme de se déplacer hors de la tautologie.
Parce que de là à ce que ce que ça constitue une vérité... mais ça peut faire des jolis poèmes.
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Re: La Dernière

Message par personne » 09 sept. 2015, 18:32

C'est quoi, se prendre les pieds dans la mort ?


Ça s'appelle une métaphore.


(Plus tard tu me remercieras.)

Plus sérieusement : c'est une métaphore. C'est-à-dire pas un concept. Te répondre consisterait à te décrire précisément des moments de l'expérience, autrement dit des épisodes biographiques, et je ne le ferai pas, n'étant personne.
J'aime être la bonne personne au mauvais endroit et la mauvaise personne au bon endroit.

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